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La vieille Yaya


Ouvrez les globes de vos yeux ! Je suis la vieille Yaya, la bouche d’ombre et de sel qui fomente les prédictions de mon peuple marcheur. Mon pouls s’est accordé lentement au pas de nos boeufs. Ma vue déclinante s’allie parfois à celle des rapaces pour sonder la nuit et répérer les points d’eau. Ma terre est celle des paturages des peuples Mandé et fuldé. Mes ancêtres ont enduit mon front de la terre jaune des termitières et ont rapé sur mon pubis la poudre fertile de cornes de phacochères. Mes hanches sont lourdes des enfantements de ma race brune et de toutes les races ambulantes et rêveuses. Mes flancs ont porté plusieurs générations de fils batailleurs et de filles altières, tous archers du soleil et alliés des gentes rampantes et cornues. Vous êtes tous mes enfants, vous les oublieux, les revêtus de pelures et de songes !

Extrait du préambule du roman "Le Templier noir".


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