Jib Jib, l'alchimiste de Tombouctou

 

C'est en arpentant les ruelles de Tombouctou, puis celles de Grenade, de Cordoue, de Jéusalem que Jib Jib et son histoire me sont advenus.

 

C'est aussi en vivant plus d'une dizaines d'années en continu ( pas en missions ponctuelles hihi ! non, en continu, sans assurance ni billet retour ) dans le Sahel profond, dans des camps touaregs ou des villages mossis, en partageant au ras des paquerettes la vie simple des gens et de mes successives épouses que j'ai respiré l'odeur, bue l'eau terreuse et manger avidement toutes les saveurs de Jib Jib et de son monde.


J'ai aussi partagé une passion templière, transmise sans doute par une grappe mémorielle engrammée dans mon cerveau, un bout de passé comme les conçoivent les réincarnationnistes, comme si j'avais vécu cette vie médiévale rude, austère et paillarde, torturée par le salut et le péché, mais aussi par les tentations et les tourments du plaisir.

Ma passion d'Al Andalus a chauffé la marmite de mes inspirations sahéliennes, orientales et templières. Les personnages ont commencé à m'aggriper l'esprit puis le coeur. Mes belles créatures imaginaires sont devenues presques charnelles et ont commencé à chalouper dans mon désir et hanter mes nuits sous les moustiquaires. Je devins comme naturellement familier du Calife Abdelrahmane III et de sa cour dans sa ville palatiale de Madinat El Zahra.

La vieille Yaya a pris son visage solennel et ses paroles ont surgis en moi comme des geysers d'inspirations éructives. Plusieurs figures évolué de personnages imaginaires en icones imaginales, initiatiques. Elles ont accompagné de près mon histoire en me chuchotant des détours, des astuces, des ruses. Car il en faut sur le Chemin des intrépides. 

© 2019 - Hassan Aslafy